Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) s'en est pris mercredi à Martine Aubry sur les négociations pour les législatives, estimant que "l'objectif" de la première secrétaire du PS était d'obtenir "une prime invraisemblable d'élus supplémentaires" à "la faveur de triangulaires" avec le Front national. | Denis Charlet
Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) s'en est pris mercredi à Martine Aubry sur les négociations pour les législatives, estimant que "l'objectif" de la première secrétaire du PS était d'obtenir "une prime invraisemblable d'élus supplémentaires" à "la faveur de triangulaires" avec le Front national. Invité de l'émission "Questions d'Info" LCP/France Info/Le Monde/AFP, l'ex-candidat à la présidentielle (11,1%) a relevé que Mme Aubry, c'était "surtout le chef d'un courant très important dans le PS" et que son absence au gouvernement était "une faille" si ce n'était "pas de son plein gré".
"Si elle n'y est pas parce que ce qui lui a été proposé, elle a été conduite à le refuser, alors oui, c'est une faille entre eux", a-t-il dit, ajoutant: "je ne me mêlerai plus jamais de leurs histoires parce que si j'y mets le doigt le bras y passe". Comme on lui demandait s'il espérait une majorité relative du PS à l'Assemblée à l'issue des législatives de juin pour pouvoir peser, M. Mélenchon a répondu : "je ne peux pas faire de souhait de cette nature, autant faire un lettre au Père Noël!" mais "il faut élire le plus de députés possibles du Front de gauche". Sur les négociations avec le PS et EELV pour des candidatures uniques à gauche face au risque FN, l'ex-sénateur a affirmé que "les socialistes jou(aient) la montre pour dire +ça ne s'est pas fait mais c'est pas de notre faute, c'est la faute des autres+", parlant de "provocation" et d'"abus de pouvoir". "Il leur reste jusqu'à vendredi pour essayer de rendre cette situation acceptable", a-t-il menacé. Selon lui, "certains pourraient à la faveur de triangulaires, recevoir une espèce de prime invraisemblable d'élus supplémentaires, c'est le cas du Parti socialiste, c'est l'objectif du PS, à savoir une prime en quelque sorte que lui donnerait le Front national". Il a estimé aussi que le PS espérait une "belle bagarre" au sein du FG, entre PCF et PG. "Mais non, ils ne l'auront pas", a-t-il assuré, s'en prenant à Martine Aubry et à Christophe Borgel et François Lamy, les négociateurs du PS. Certains socialistes pourraient aussi vouloir "rendre la vie infernale à François Hollande en poussant à bout le Front de gauche pour qu'il sorte de là complètement enragé", a-t-il dit, visant implicitement les aubrystes. "Sans doute ils doivent faire un rapport à Mme Aubry, elle ne peut pas être en dehors de ces décisions", a-t-il dit, pensant qu'elle fait cela pour nuire au président "ou alors peut-être pour faire élire des membres de son courant". Pour lui, "la direction socialiste montre une attitude manoeuvrière, qui est odieuse". Concernant Hénin-Beaumont où se présente aussi Marine Le Pen (FN), M. Mélenchon a affirmé que "l'élection interne" du candidat socialiste avait "été trichée". Sur la liste électorale du PS, "il y a des communistes en carte qui ont été inscrits frauduleusement!", "il y a même des morts figurez-vous". "Ca crée une ambiance du feu de dieu", "qu'est-ce que c'est que cette pétaudière?", a demandé l'eurodéputé, estimant que les gens "vont venir l'aider" parce qu'il est "un homme sérieux
Le temps de la vraie résistance approche. Si l’on regarde la situation de la Grèce, comment douter que si la « Troïka » dirige la France dans quelque temps, nous n’aurons peut-être plus de dettes, mais le pays et tout ce qu’il comportait de droits sociaux, de sens de la Justice, de sens même de son existence, sera balayé. Pour l’instant, faisons confiance en notre nouveau pouvoir. Mais est défaillant, il nous faudra bien nous lever, et en masse ! (Jean Dornac)
14 mai par Charlotte Géhin
Que retenir de cette campagne sinon un silence commun sur la Dette. Chut ! Pas un mot sur les conséquences, en France, de la crise financière européenne. Et pourtant, concernant cette affaire, ce ne sont pas les questions qui manquent.
Quelle voie sera forcée d’emprunter le président et son gouvernement ? The economist, journal quasi officiel de la City, tout au long de la campagne, a martelé la même antienne : « Au lendemain du 6 Mai, le vainqueur, quel qu’il soit, devra s’attaquer brutalement aux déficits », attaque qui débouchera sur un « choc pour les français ».
La soupe à la rigueur
Difficile donc de satisfaire un électorat qui a soif de réformes sociales et qui a voté non à la montée du chômage en considérant comme principal coupable Nicolas Sarkozy.
C’est pourtant bien d’un programme imposé à tous les pays appartenant à la zone euro dont il s’agit aussi pour la France et la recette est connue : Flexibilité du marché du travail, les « famous CDI », contrats uniques |1|, démantèlement de l’assurance maladie, de l’assurance chômage, des retraites, des allocations familiales.
Vrai ou faux ? Pour ceux qui en douteraient encore, la réponse réside en un mot : la Dette publique. Grande absente des débats électoraux, alors qu’elle était au faîte de l’actualité juste après le « nécessaire » renflouement des banques |2| ou de la réforme des retraites, la dette publique est pourtant le levier qui fera basculer les autorités politiques vers la rigueur ou non. « Pour plusieurs pays, le nœud coulant de la dette publique s’est serré et ils sont pris à la gorge par les marchés financiers » dénoncent Damien Millet et Eric Toussaint.
Les victimes font grise mine
Sous-couverts du remboursement de leurs créances, envers les organismes privés |3| que les citoyens renflouent chaque jour par le biais des hausses d’impôts et des coupes sociales, le FMI et la Banque Centrale Européenne imposent une gouvernance guidée par la rigueur à tous les membres de l’Europe. « Il n’y a pas de compromis possible » arguait Jacques Sapir |4| sur France Inter. Les premières victimes des plans d’austérité l’ont déjà bien compris. Grèce, Portugal, Irlande…. Ou on arrête de payer la dette, ou on enterre le pays sous la vague de la compression libérale. Dimitris Christoulas |5|. portait le deuil de cette triste réalité quand il a appuyé sur la gâchette de son arme. Il criait « pas de dette à mes enfants » et laissait la trace des conséquences bien concrètes des plans de rigueur « Le gouvernement d’occupation a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans. ». La Grèce, ce pays aujourd’hui incapable de gouverner. En Espagne, déjà, le slogan de l’audit pour la dette est clair « No debemos, no pagamos ! ». En France, ce ne sont pas les 27 milliards d’euros d’économie imposés à l’Espagne qui vont retentir dans le quotidien des citoyens, mais les 80 milliards d’euros intégrés dans le plan du TSCG |6| à son égard. Ce n’est pas non plus un protocole concernant la croissance |7| ajoutée au Traité qui libérera François Hollande des recommandations de la Troika |8|. Surtout quand le remboursement du service de la dette dévore 65% des ressources de l’Etat.
Quelle issue ?
La France de François Hollande, « le bon », peut-elle ouvrir ses portes aux émissaires de la Troika « les truands » ? C’est ce que stipulent les forces européennes armées d’un nouveau traité et d’un programme clé en main.
Le TSCG porte en lui les germes de la catastrophe : il rend obligatoire le paiement de la dette. L’alternative est donc claire : ou le paiement de la dette est assuré et la protection sociale est disloquée, les besoins sociaux et les services publics sacrifiés |9|, ou il y a arrêt du paiement de la dette et droit du travail, droits sociaux et services publics sont préservés. Qui pour porter ces exigences ? Quel front du refus ?
Notes
|1| Projet de forme unique du contrat du travail qui allégerait notamment les exigences juridiques de licenciement à l’égard de l’entreprise. Projet déjà mis en place en Italie, en Espagne…
|2| La Banque centrale européenne (BCE), financée par les pays membres, accorde des prêts des aux banques, elles-mêmes détentrices des créances des Etats. Rien qu’en Décembre 2011, 523 banques ont emprunté à la BCE près de 500 milliards d’euros pour 3 ans à un taux voisin de 1% lorsqu’elles prêtent aux Etats à des taux variant de 7% pour l’Espagne, jusqu’à 18% pour la Grèce…
|3| Les investisseurs institutionnels : banques, fonds de pension, compagnies d’assurance et autres organismes de placements collectifs.
|4| Economiste à l’école des Hautes Etudes. Il dirige depuis 1996 le Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS). Emission Là-Bas si j’y suis, « Les financiers au coin du feu ».
|5| Le 4 Avril 2012, Dimitris Christoulas, pharmacien retraité de 77 ans, s’est suicidé à Syntagma, place principale d’Athènes
|6| Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance. Il inscrit dans la Constitution des pays la « Règles d’Or », donc un déficit proche de 0 qui oblige à l’austérité, il donne le pouvoir aux autorités européennes non démocratiquement élues, il inclut des clauses de sanctions en cas de déficits. Il prévoit des projets de réforme pour chacun des pays membres et l’envoi d’émissaires pour assurer son bon fonctionnement.
|7| François Hollande a annoncé la renégociation du TSCG. Il la fera avaliser auprès du Conseil Européen. Un compromis entre Hollande et Merkel fait part d’une annexe ajoutée au Traité concernant la croissance.
|8| FMI, Banque Centrale Européenne, Commission Européenne.
|9| Le chantier est déjà en œuvre : RGPP, flexibilité du marché du travail, durée légale, retraites… La révision générale des politiques publiques entamée en 2007 consiste en une restructuration des missions et actions de l’État, avec de la mise en œuvre de réformes structurelles (non-remplacement de postes de départ à la retraite etc.). Les mesures de défiscalisation des heures supplémentaires prises par le gouvernement de François Fillon en 2007 avantagent le patronat français.
Source : http://www.cadtm.org/Le-bon-la-dette-et-les-truands
De : Le Gavroche, la page officielle des jeunes du Parti de Gauche - Membre du Front de Gauche
Depuis maintenant une semaine, des discussions sont engagées entre les partis du Front de gauche, le Parti socialiste et Europe écologie les verts pour désigner des candidatures uniques de la gauche dès le premier tour des élections législatives dans le cadre d'un accord concernant les circonscriptions où il existe un ...risque Front national ou d'élimination de la gauche au second tour. Si chaque partenaire prend sa part d'effort, l'accord est désormais possible à toute heure. Pour y parvenir, le Front de gauche, qui a formulé des propositions concernant 29 circonscriptions, a décidé hier un ultime effort qui fait que l'équilibre de cette répartition fait désormais consensus. Il n'y a donc plus de raison de tarder. Le Front de gauche est prêt à signer l'accord aujourd'hui. Tout délai et a fortiori tout échec seraient incompréhensibles.
Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,
Martine Billard, co-présidente du Parti de gauche
Pourquoi et comment la banque américaine a-t-elle pu perdre 2 milliards de dollars ? Le journaliste américain Alew Pareene suggère que son patron ait à répondre devant la cour de justice
Il faut traduire en justice James (dit Jamie) Dimon, le PDG de la banque américaine JP Morgan Chase. Dimon s'est taillé une réputation de grand sage à Wall Street, et de spécialiste de la gestion de risques. JP Morgan est non seulement sortie indemne de la crise financière, mais est également suffisamment solide pour voler au secours de la banque d'affaires Bear Searns lorsque les autorités le lui ont demandé. Le PDG est furieux quand il entend dire que sa banque a été renflouée par l'Etat fédéral, insistant sur le fait que c'est ce dernier qui l'a "poussé" à prendre tout cet argent. Mais voilà, figurez-vous que son établissement a, on ne sait comment, perdu accidentellement des milliards de dollars la semaine dernière. Il en est absolument confus, mais pas assez confus pour se congédier lui-même. Il s'agit donc de lui intenter un procès pour l'obliger à expliquer à quoi servent sa banque et lui-même.
La Stock Exchange Commission [SEC, l'autorité des marchés américains] a lancé une enquête sur ces pertes astronomiques, mais cela lui prendra beaucoup de temps, et le rapport final sera vraisemblablement très difficile à comprendre pour les novices. Personne n'ira en prison non plus, probablement. Il faudrait sans doute traîner Dimon devant le Congrès pour le mettre sur la sellette, mais personne ne suit les auditions au Congrès, dont personne n'aime les membres. Je pense qu'un procès retransmis à la télévision aux heures de grande écoute serait la meilleure solution. On verrait peut-être même des actionnaires de JP Morgan, des chômeurs, des journalistes et des blogueurs en colère lui poser quelques questions toutes simples sur les raisons pour lesquelles il juge parfaitement inutile une reprise en main de JP Morgan.
Le forcer à s'expliquer sans complaisance
Si je suis certainement en faveur d'un procès-spectacle humiliant, cela ne veut pas dire qu'il faudra mettre Jamie Dimon sous les verrous après, même si un jury populaire composé de personnes qui ont vu leurs maisons saisies le déclare coupable. Le principal objectif de cette action en justice est de le forcer à faire une déposition officielle, à répondre aux questions en termes simples et clairs, devant un public sans complaisance qui n'a rien à voir avec celui du Forum économique mondial (de Davos).
Les explications entendues jusqu'ici nous aident à comprendre pourquoi JP Morgan en est venue à égarer des milliards de dollars, mais elles soulèvent plus de questions que ne donnent de réponses. Par exemple : "N'aurait-il pas mieux valu utiliser ces 2 milliards à presque n'importe quoi d'autre dans le monde que dans les paris douteux d'une mégabanque ?" Ou encore : "Il semblerait que vous, les gars, auriez pu économiser un peu d'argent en salaires, tout en obtenant peu ou prou les mêmes résultats, si vous aviez remplacé votre spécialiste en chef des investissements par quelques petits vieux qui joueraient aux jeux vidéo toute la journée ?"
Le fait est que je ne comprends pas très bien le rôle joué par JP Morgan dans une économie saine et qui fonctionne bien, que la banque gagne ou perde des milliards dans des paris dont les enjeux sont énormes. En réalité, les Etats-Unis s'en sortaient apparemment plutôt bien sans ces choses comme les CDS (credit default swaps, ou couvertures de défaillance), qui ont été inventés par JP Morgan elle-même dans les années 1990, juste avant que les banques d'affaires ne soient autorisées à fusionner avec les banques de dépôt et à utiliser comme elles veulent l'argent de leurs clients.
J'aimerais aussi que Dimon nous dise s'il savait qu'il était sur le point d'avoir à avouer des milliards de dollars de pertes quand, le 3 mai, il s'est plaint de la "discrimination" dont seraient victimes les banquiers. Quelques jours plus tard, il a également prétendu que l'économie aurait créé deux fois plus d'emplois au cours des vingt-quatre derniers mois sans une "attaque en règle, dirigée contre les entreprises" par divers hippies et bureaucrates qu'il n'a pas nommés. J'aimerais savoir comment de nombreux emplois ont été créés alors que JP Morgan perdait accidentellement une somme d'argent indéterminée qui va probablement finir par s'élever à plus de 2 milliards de dollars.
Jamie, il est temps de prendre votre retraite

C’est ce qui est écrit sur ma carte d’adhérente au Front National de la Résistance durant la deuxième guerre mondiale. Durant cette campagne électorale de l’élection présidentielle de 2012, nous avons assisté, et nous assistons encore, à u...ne glorification des Le Pen sous le titre de Front National ! Savez-vous qu’ils ont emprunté ce titre au premier et au principal mouvement de la Résistance française au nazisme ? Savez-vous ce que vous trouverez sur « Google » si vous tapez « Front National de la Résistance» ? Vous trouverez ceci : « Le Front National de lutte pour la Libération et l’indépendance de la France est une organisation de la Résistance Intérieure Française créée par le Parti Communiste Français durant la deuxième guerre mondiale. Dès l’occupation allemande en juin I940 (Dès la prise de pouvoir de Pétain -NDLR) des petits groupes étaient organisés par les communistes dans tout le Pays. Savez-vous ce qu’en dit le dictionnaire « Le Petit Robert. » de 1977 à « Front National : « Mouvement de Résistance française à l’occupation allemande créé en mai 1941, d’origine Communiste, il s’ouvrit à toutes les tendances, chercha à réunir les divers mouvements mais refusa de s’intégrer aux regroupements opérés à partir de 1943. Il fut le seul mouvement à couvrir les deux zones nord et sud. A la Libération, il était devenu le plus important des mouvements de la Résistance ! » Peu de jeunes connaissent l’histoire de la lutte contre l’occupant nazi, la lutte de leurs parents, de leurs grands-parents parfois. Ce n’est pas de leur faute.
Notre histoire de France des lycées et collèges tient ces événements en quelques lignes discrètes sans autres informations. Surtout pas sur le rôle des communistes !
J’étais membre du Front National de la Résistance. Je vais avoir, peut-être, bientôt cent ans. J’avais vingt-huit ans au premier juillet 1940, quand j’y suis entrée. Je peux encore vous dire ce qu’il était, comment il est né, comment ses membres ont lutté, comment il y en a tant et tant qui ont été déportés, fusillés, torturés, ou comme Jacques Decour, ont eu la tête tranchée… Notre idéal était de détruire le fascisme ! Nos valeurs étaient aux antipodes des Le Pen ! Et quand je les vois, sous ce beau titre ensanglanté du sang de nos camarades disparus dans cette apocalypse, jouer la gloriole, les ambitions, avantageusement soutenus par la droite et ses médias, je ne peux me défendre d’une espèce de nausée devant une profanation ! Le Front National de la Résistance est né dès l’occupation nazie en juin 1940, à l’appel du Parti Communiste Français (Jacques Duclos et Pierre Villon) nous avons constitué dans tout le pays une toile d’araignée de touts petits groupes, clandestins, bien sûr. Dès l’automne les groupes étaient agissants et progressaient. Dès le 3 avril l’ordre fut donné de se regrouper pour créer un grand mouvement dans tout le pays. Ce qui fut réalisé le 15 mai 1941 ! Le 20 mai L’Humanité clandestine imprimait l’appel du 15 mai 1941 ! Sur ma carte d’adhérente que j’ai photocopiée pour vous, vous trouverez la liste des principaux responsables.
Vous constaterez la diversité des philosophies, des croyances, des professions. Seul le patriotisme, le courage, la détermination, l’amour de la France les conduisaient, les unissaient. Le mouvement était organisé en sections.
On trouvait les Médecins, les Scientifiques, les Musiciens, les Ecrivains, les Mineurs, les juristes, le Front national de la Police, l’Union des Femmes Françaises, les paysans etc. et le Front des Jeunes Patriotiques qui furent un important vivier des Francs-Tireurs et Partisans Français créés par le Front National et qui devint le bras armé du Front National de la Résistance en 1942. Lorsque le Front National de la Résistance se réunit pour la première fois légalement c’était du 30 janvier au 3 février 1945 à Paris. Il déclarait : Deux millions et demi de membres adhérents ! On reconnaît l’influence du Front National de la résistance et du Parti Communiste Français dans le Programme de progrès social du Conseil National de la Résistance et appliqué après la Libération. Ce programme avait été construit pour la réunion du Conseil National de la Résistance où il fut adopté, sous la présidence de Jean Moulin le 27 mai 1943 à Paris dans la clandestinité. C’est peut-être pour cela que Sarkozy s’est tant acharné à le détruire durant son mandat. Vous comprenez, devant tous ces éléments que, combattants contre l’occupation nazie, nous rejetions très fort pour les Le Pen, le droit de se parer de notre titre qui est l’honneur et la propriété des combattants. Dans un jugement de Tribunal de première instance en 1999, lors de la brouille entre Mégret et Le Pen, ils ont été déboutés. Le juge avait estimé que le titre n’appartenait ni à Mégret, ni à Le Pen, mais que « La Cour faisait droit au mouvement de Résistance Front National à revendiquer l’appellation pour son seul usage » La procédure juridique s’est poursuivie. Elle est devenue politique. Qui peut bien retenir des décisions qui semblent s’imposer devant l’Histoire ? Nous ne céderons jamais ! Il faut informer le peuple afin qu’il ne se laisse pas abuser par ces tristes politiciens. Qu’il ne confonde jamais le bon grain et l’ivraie ! Mathilde FILLOZ Résistante dans le Doubs 1940-1945
France2012-législatives-partis-EELV-FG-PS
Julie DUCOURAU
France - PARIS - Le PCF devrait réussir à tirer son épingle du jeu auxlégislatives grâce notamment à un accord avec le PS et EELV alors queson allié du Parti de gauche (PG), dont le leader Jean-Luc Mélenchon selance face à Marine Le Pen, est plus en difficulté dans ce scrutin. Avec 19 députés sortants (16 PCF et apparentés élus sans l'aide du PSen 2007 + 3 du Parti de gauche), le Front de gauche espère unrenforcement sensible de son groupe à l'Assemblée nationale au soir du17 juin, imaginant jusqu'à une trentaine d'élus pour une "politique dechangement à gauche", selon les mots du numéro un communiste PierreLaurent. Mais après une réunion dimanche entre les seuls communistes,socialistes et écologistes, l'ambiance au FG, qui présentera presquepartout des candidats autonomes, a semblé se tendre. Eric Coquerel,chargé des élections au PG, a déploré être "exclu" de cette discussionqui "nous a attribué des circonscriptions sans qu'on n'ait donné notreaccord", "ce ne sont pas des façons de faire". En effet, le PCF devrait obtenir 4 ou 5 circonscriptions gagnables duPS et d'EELV, quand deux autres, une dans le Jura et une autre dans leRhône, ont été proposées au PG en son absence. Or ces dernières sont "très difficilement gagnables" avec notamment undissident PS dans le Rhône, note Martine Billard, coprésidente du PG,qui aura du mal à se faire réélire à Paris. Parlant de "demandes pasfarfelues", la députée, toujours disponible pour parler avec le PS, ensouhaiterait une troisième "réellement gagnable" dans l'Essonne ouMontpellier pour le PG. La signature d'un accord final PS-EELV-FG pourrait intervenir lundi enfin de journée, selon une bonne source au PCF. Déjà engagé avec le PS depuis novembre, EELV a pour sa part accepté delaisser aux communistes la circonscription de Gardanne(Bouches-du-Rhône) où le Front national est haut et celles de Guingampet Bergerac (où il n'y a pas de risque FN). En échange, le PCF devraitsoutenir EELV à Aubagne. Le rassemblement à gauche, "ça ne va pas sans situation douloureuse, ycompris pour les écologistes" qui perdraient ainsi trois siègespotentiels, a reconnu Cécile Duflot. Alors qu'on parle souvent d'une "OPA" du leader du FG sur un Particommuniste en déclin, "le PCF touche maintenant les dividendes deMélenchon" et ses 11,1% de la présidentielle, juge un cadre écologiste. En fait, "les communistes sont les plus malins" et "ils vont stabiliserleur groupe avec strictement des députés PCF", poursuit-il. Uneconséquence de l'accord conclu l'an passé au sein du FG, laissant à M.Mélenchon la présidentielle et aux communistes la part belle auxlégislatives. Car, selon certains analystes électoraux à gauche, le PG pourrait finiravec aucun député. "C'est peut-être l'objectif recherché par le PS",craint un "PGiste". "Ca va être difficile", reconnaît Mme Billard,parlant aussi d'Hénin-Beaumont où M. Mélenchon est parti défier MarineLe Pen sur cette circonscription socialiste. Le PS y a investi Philippe Kemel, maire de Carvin : un "formidablecandidat" qui "va gagner contre Marine Le Pen", a affirmé dimancheMartine Aubry qui ne veut pas "d'un match médiatique" mais d'un "élu deterrain". David Cormand, chargé des élections à EELV, s'est, lui, demandé "à queljeu" jouait le PG alors qu'il n'y a "pas de risque d'élimination de lagauche au second tour" là-bas. Le responsable écologiste s'est aussidit "pas sûr que +le bruit et la fureur+ soit la solution durable pourcontrer l'extrême droite", jugeant qu'il valait mieux "faire les chosesdans la proximité".
AFP - 14/05/2012 - 18:48:20
A un mois de son affrontement avec Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, rencontre avec un Jean-Luc Mélenchon combatif qui s’interroge autant sur la place de la gauche que sur les dérives de la droite.
Après la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a décidé de poursuivre son combat contre le Front national en se présentant sur les terres de Marine Le Pen, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Triangle rouge de Ras l’Front à sa veste, le tribun du Front de gauche nous explique pourquoi il a érigé la présidente du FN en adversaire numéro un.
Pourquoi avoir choisi de vous porter candidat face à Marine Le Pen ?
Jean-Luc Mélenchon – J’ai décidé d’être candidat aux législatives pour prolonger le message que nous avons porté lors de la présidentielle. Nous voulons livrer un combat social face au Front national dans une circonscription populaire. Hénin-Beaumont est la circonscription exemplaire pour cela. Alors que l’extrême droite prospère sur la décomposition des socialistes, nous allons tenter de relever la gauche. Avec la médiatisation de la campagne, cette bataille aura un retentissement national.
Mesurez-vous le risque politique de défier le FN sur une terre où il est fermement implanté ?
Je prends le risque d’être battu, et alors ? Les circonscriptions de gauche ne sont pas venues d’un claquement de doigts, elles ont toujours été gagnées au prix de luttes. En tant que figure de proue du Front de gauche, j’estime que j’ai un devoir d’exemplarité. A trois reprises, les socialistes ont tenté de parachuter quelqu’un dans cette circonscription, personne n’a voulu venir. J’assume mes responsabilités en m’y présentant comme candidat.
Pourquoi avoir fait de la lutte contre le Front national l’une de vos priorités politiques ?
Les gens pensent que le Front national est un cas particulier, comme s’il ne relevait pas de la politique mais de la morale. Pourtant c’est bel et bien de la politique. L’extrême droite n’est plus à la marge du système en ce moment de l’histoire. Un peu partout en Europe, on voit que la droite ne parvient plus à gérer la société avec ses méthodes traditionnelles et s’en remet progressivement à l’extrême droite. En ciblant le Front national, je m’attaque donc à la réorientation idéologique de la droite et aux risques qu’elle fait peser sur la société.
Avez-vous le sentiment que le FN n’est pas assez pris au sérieux ?
Les élites ont du mal à comprendre quand le monde change et elles reproduisent à l’identique ce qu’elles ont toujours fait. Quand vous ouvrez un livre d’histoire et que vous vous arrêtez à 1789, vous vous rendez compte que Louis XVI a cinquante moyens d’échapper à la guillotine. Il ne s’en sort pas car il ne parvient pas à rompre avec l’ancien monde. Les élites sont incapables de penser la nouveauté et de voir au-delà du capitalisme sauvage et productiviste qui est en train de s’écrouler. Tous les programmes politiques sont mis au pied du mur face à la crise que nous traversons.
Tout au long de votre parcours politique, vous vous êtes toujours placé en adversaire résolu de l’extrême droite. Votre enfance passée au Maroc vous a-t-elle rendu plus sensible à la question de l’immigration ?
Évidemment, ça joue pour moi un grand rôle. Je crois que Le Pen père et fille ne comprennent pas ce qu’est la France. Ils sont convaincus que l’identité française est figée alors qu’elle est perpétuellement en mouvement. Aujourd’hui, on demande des brevets d’intégration à des gens qui sont là depuis trois générations. On sous-estime la douleur que cela peut représenter d’être pointé du doigt de cette façon. On finit par douter de soi-même. Grâce à mon parcours, je comprends cette violence, je la ressens et quand ces gens m’entendent parler, ils ressentent une connivence affective.
Si le FN parvenait au pouvoir, vous plieriez-vous au verdict des urnes ?
Jamais. J’entrerais en résistance. Ces gens-là sont illégitimes à diriger la République. Et la France pour moi, c’est la République. La France sans la République, on a déjà donné : c’est le maréchal Pétain.
Vous refusez à Marine Le Pen et son parti toute possibilité d’évolution idéologique ?
C’est comme si vous me demandiez si j’ai une chance d’approuver la société de l’actionnariat, c’est impossible. Ma racine politique ne me le permet pas. Contrairement aux brevets de laïcité que lui ont décernés les médias, Marine Le Pen n’est pas laïque, elle est hostile aux musulmans, ce n’est pas pareil. Ce parti n’évoluera jamais, il sera toujours génétiquement antirépublicain.
Quelle est la responsabilité de la gauche dans la progression électorale du FN ?
Elle est colossale. Les victoires de l’extrême droite n’ont jamais eu lieu autrement que sur la base des fautes tactiques et stratégiques de la gauche. Le Parti socialiste n’a pas réussi à retrouver le chemin qui le mènerait au cœur du peuple. Le décrochage n’est pas qu’affectif, cette gauche-là est aujourd’hui incapable de prouver au peuple que ses intérêts sont à gauche. Il y a une déconnexion entre son programme et les classes populaires. Nous sommes la relève.
Quel regard portez-vous sur les méthodes employées par la gauche pour lutter contre le FN, que ce soit de manière morale avec SOS Racisme ou bien de manière plus spectaculaire, comme a pu le faire Bernard Tapie ?
Je crois que la solution n’est ni dans les leçons de morale, ni dans les injures. Les deux méthodes ont fait la preuve de leur inefficacité. Ma méthode est celle du débat argumenté. Prouver concrètement que nos solutions sont les bonnes et les leurs une illusion criminelle.
Quelle est la solution à adopter selon vous ?
La bataille morale est trop courte ! Il faut arrêter d’avoir un discours doloriste sur l’électorat du FN. On l’infantilise comme si les gens ne savaient pas qu’en glissant un bulletin de vote Front national, ils votent pour un parti raciste. A la place, je leur propose une identité patriotique, républicaine, écologiste et socialiste. L’enjeu est culturel.
Il y a aujourd’hui un sentiment assez largement répandu d’insécurité culturelle au sein de la classe ouvrière, notamment du Pas-de-Calais. Comment déconstruire cette panique morale ?
L’être humain est toujours partagé entre son attirance pour la ligne d’horizon et la peur de ce qu’il va y trouver. On ne peut pas reprocher aux gens de chercher un nouveau mode d’organisation quand celui qu’ils avaient s’est effondré. Lorsque la gauche n’arrive plus à faire comprendre que la solution passe par le social, le FN débarque et répond par l’ethnique. Les gens n’ont pas peur de l’autre ou de la globalisation, ils craignent simplement les ravages du capitalisme.
Malgré vos efforts, le Front national reste le parti qui capitalise le plus fort vote ouvrier. N’est-ce pas un échec pour vous ?
Je ne peux pas régler en une campagne des problèmes qui traînent depuis trente ans. Je pense que nous allons pouvoir reconquérir l’électorat ouvrier, mais ça se fera par étapes.
Vous faites appel à la “communauté ouvrière”, mais dans une ville comme Hénin-Beaumont, marquée par la fermeture des mines, est-ce que cela a encore un sens ?
La conscience ouvrière a été construite au prix du sang, des larmes et des fusillades. J’affirme que les solidarités communautaires ne sont pas détruites. Les gens ne se replient pas sur eux, ils se construisent autrement. Nous allons leur proposer de se construire dans la révolte. Wilhelm Reich tout comme Léon Trotsky partageaient le même avis sur la composition de la société. Le fascisme peut faire d’une poussière humaine une force. J’oppose cette méthode à Marine Le Pen. De la poussière de l’autre gauche, nous avons fait une force qui s’est donnée à voir tout au long de la campagne présidentielle, que ce soit à la Bastille, au Prado ou bien encore au Capitole. Je vais poursuivre le combat. Il ne faut pas que Marine Le Pen s’attende à ce que je rase les murs. On sera partout. Rue par rue, porte par porte, cœur par cœur.
Les élections en France, en Grèce, les indignés en Espagne et ailleurs... L'Europe avance à grand pas et doit continuer dans sa lutte face aux marchés financiers.
L'Europe bouge
L'Europe bouge
Publié le 10 Mai 2012 par Avaaz
François Hollande est resté vague sur un certain nombre de thèmes qui nous tiennent à coeur. Demandons-lui des engagements clairs avant qu'il soit confortablement installé à l'Elysée et montrons-lui que nous resterons actifs pendant toute sa présidence. Lundi prochain, la veille de son investiture,Avaaz va afficher sur un grand mur Place de la Bastille les revendications de ses membres de France, afin de lui faire part des actes que nous attendons de lui.
Notre Président ne peut nous ignorer, en particulier à la veille des élections législatives. Hollande va prendre des décisions politiques cruciales dans les prochains jours -- informons-le de nos revendications et donnons le ton d’un mandat à l’écoute des citoyens.

Déroute électorale pour le parti d'Angela Merkel
Les électeurs du land de Rhénanie du Nord-Westphalie, région la plus peuplée d'Allemagne, étaient appelés aux urnes dimanche pour participer à des élections régionales anticipées. Ils ont renouvelé leur confiance en Hannelore Kraft, tête de liste sociale-démocrate (SPD), qui n'avait pu faire voter le budget de la région en mars dernier. A la veille d'une première rencontre avec François Hollande, la politique rigoriste de la chancelière subit donc un camouflet.
Même si la défaite était attendue par L'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti d'Angela Merkel, celle-ci "est amère, nette et elle fait très mal", du propre aveu de Norbert Röttgen, chef de file chrétien-démocrate dans la région. En effet, la CDU perd 9 points par rapport aux élections de 2010 et ne recueille que 25,7% des voix, loin des 38,2% obtenus par le SPD. Ces derniers devraient donc être en mesure de constituer une coalition confortable avec les Verts, qui sont restés stables avec environ 12% des suffrages. En outre, les Libéraux, partenaire de coalition d'Angela Merkel, limitent leur chute avec 8,5% des voix, et le parti Pirate fait son entrée dans un quatrième parlement régional avec un score de 7,8%, précise l'AFP.
Ainsi, la victoire est belle et sans appel pour le SPD. Dans cette région clé, certes habituel bastion électoral des sociaux-démocrates, les sociaux-démocrates ont une nouvelle fois démontré que la chancelière devrait composer avec leur poids politique croissant pour faire avancer ses mesures. Proches des positions de François Hollande concernant l'équilibre à trouver entre austérité et croissance, les élus du SPD ont déjà menacé de bloquer le pacte budgétaire, s'il n'était pas aménagé, expliquent les Echos. Par conséquent, la visite officielle de François Hollande, mardi, s'avère cruciale. La chancelière a assuré qu'un partenariat avec le nouveau président serait possible. "Il s'agira d'une rencontre pour faire connaissance. Mais je pense que de là grandira un bon travail de coopération" [AFP].
Toutefois, si Angela Merkel ressort affaiblie de ce scrutin, les observateurs s'accordent à penser que la situation n'est en rien critique pour la chancelière, à 16 mois des élections législatives. Tout d'abord, Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, a tempéré le possible désaccord entre les deux pays, se prononçant contre des mesures de relance par les déficits. De plus, les Allemands restent à 59% favorables à la politique de rigueur et de lutte contre la dette du gouvernement, rapporte Libération.
ALERTE URGENCE FRALIB GEMENOS: Si vous habitez la Région et si vous avez des moments de dispo d'ici à minima le 16 mai, n'hésitez pas à renforcer la présence physique en nombre sur le site! FRALIB APPEL URGENT Bonjour à tous, ... LES FRALIB ONT UN URGENT BESOIN DE SOUTIEN PHYSIQUE SUR PLACE À GÉMENOS ! Depuis quelques temps, les délégués syndicaux n'avaient même plus accès à l'usine, pas même au local syndical ! La direction a bouclé l'usine "défendue" par une milice patronale, et a même fait venir ostensiblement une Société de déménagement industriel pour préparer le démantèlement de l'outil de travail et son exportation... Mais vendredi matin, à 5 heures, les Fralib aidés de nombreux militants syndicaux du département, ont repris possession de LEUR usine, de façon tout à fait pacifique et sans aucune violence. A 8 heures a commencé un afflux de militants syndicaux venus de toute la France, de militants et de citoyens de toute la région. Les Gendarmes présents ne faisaient qu'observer, puisqu'ils ne peuvent intervenir sans décision de justice. Vers 9h30, des délégués syndicaux de Fralib, de l'UD CGT et de la Fédération Nationale de l'Agro-alimentaire (FNAF) ont pris la parole pour expliquer le sens de cette action, exprimer leur détermination ("pas un boulon ne sortira de cette usine") à maintenir cette présence sur le site jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée pour maintenir l'emploi et l'activité de production sur le site. Mais la situation est précaire, et il n'est pas exclu que la direction de Fralib tente une reprise de possession de l'usine au moindre fléchissement de la mobilisation. Il faut pour commencer tenir au moins une petite semaine, le temps que l'arrivée du nouveau gouvernement change -éventuellement- la donne, selon les promesses de F. Hollande réitérées encore récemment à Toulouse. La seule façon de tenir, c'est que nous soyons nombreux à soutenir sur place, par notre présence jour et nuit à leurs côtés, les militants qui après presque 600 jours de lutte craignent, s'ils sont trop peu nombreux, de se voir à nouveau vidés de leur entreprise. Allez à Gémenos, inscrivez-vous sur place pour des tours de garde (prévus par tranches de 4 heures jour et nuit), à partir d'aujourd'hui et pour les jours qui viennent, particulièrement pour ce week-end où les forces syndicales n'ont pas encore eu le temps de se déployer complètement avec les renforts qui vont venir de partout en France. Gagner ce combat est un enjeu crucial. Le combat continue ! Didier INFO-AGBM dbonnel@wanadoo.fr Pour vous rendre à l'usine Fralib : Qu'on vienne d'Aix ou de Marseille, prendre la N8 (4 voies avec nombreux rond-points) qui longe la ZI des Paluds par le sud. Au 3ème rond-point, tourner à 90° à gauche juste avant le Buffalo-Grill pour prendre l'Avenue du Garlaban, puis prendre la deuxième à droite : Avenue du Pic de Bretagne. Fralib se trouve à quelques centaines de mètres sur la gauche.
Le journaliste de FRANCE 24 Michaël Szames a été molesté par le service d'ordre du Front national en marge du XIVe Congrès du Front national, organisé à Tours. La chaîne a décidé de ne plus couvrir l'évènement.
"Journaliste de merde". "On va te casser tes dents". Des coups infligés dans le dos et dans le ventre du journaliste. Téléphone portable et carte de presse confisqués. Voilà en substance le traitement réservé par le service d’ordre du Front national, ce samedi soir, à Michaël Szames, journaliste politique à FRANCE 24 et envoyé spécial à Tours pour suivre le Congrès du parti frontiste.
Il est environ 23 heures quand le journaliste quitte un cocktail organisé à huis clos par le parti. "Le Front national savait que nous étions là. Nous avions montré nos accréditations de presse. J’ai proposé une interview à Jean-Marie Le Pen, qui a accepté". Quand il quitte les lieux, huit gardes du corps se ruent sur lui et le couvrent de coups. Traîné à terre, frappé au ventre et dans le dos, Michaël subit un assaut provoqué, estime-t-il, par les photos prises durant le cocktail.
"Ils m’ont pris mon téléphone portable et m’ont demandé d’effacer les photos que j’avais prises et qui n’avaient d’ailleurs aucun caractère journalistique", raconte-t-il, ce dimanche matin, sur FRANCE 24. "Ils m’ont volé ma carte de presse et cassé ma montre", continue-t-il, visiblement choqué. Après le passage à tabac, il est emmené dans "une petite salle" puis à nouveau insulté. "Des propos racistes", entre autres, rapporte-t-il.
Relâché dix minutes plus tard, Michaël Szames se présente aux forces de l’ordre, postées à l’extérieur du Palais des Congrès de Tours. Ces dernières déclarent ne rien pouvoir faire face au service d’ordre du parti qui "règne en maître, ici".
Le journaliste Michaël Szames a néanmoins porté plainte dans la nuit de samedi à dimanche, notamment pour "agression".
Selon l'AFP, Alain Vizier, le directeur de communication du FN, a menacé de porter plainte au nom du parti frontiste contre le journaliste de FRANCE 24 et la chaîne i-Télé qui rapportait les faits.
C'est dans ce contexte que la direction de la rédaction de FRANCE 24 a pris la décision de mettre un terme à sa couverture du XIVe Congrès du Front national à Tours.
l'auteur : Place au Peuple
Site officiel de la campagne du Front de gauche, www.placeaupeuple2012.fr agrège non seulement les productions des élus, des militants, des sympathisants, mais aussi plus largement des citoyen-ne-s qui tiennent des sites d'information ou des blogs.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, le philosophe Henri Pena Ruiz revient sur la campagne menée par le Front de Gauche et explique comment « le goût de la politique est revenu ».
De lassitude en désespérance, la politique se languissait. On n’y croyait plus. Sous les feux de la rampe, les médias faisaient de leur mieux pour amuser la galerie. Hélas ! à leur insu, ils reproduisaient souvent les poncifs de l’idéologie dominante. La droite avait gagné la bataille des idées : elle avait imposé son langage, ses problématiques, son idéologie.
Un langage partisan, souvent inconscient de l’être : charges sociales et non cotisations, assistanat et non droits sociaux , libéralisme et non capitalisme , Etat-providence et non Etat social de droit, etc. Des problématiques fallacieuses : les dettes publiques dues aux « avantages » des travailleurs et aux missions sociales de l’Etat, une Europe régie sans recours par les marchés, la souveraineté populaire taxée de souverainisme, voire de nationalisme, les services publics jugés archaïques, la laïcité conçue comme une vieillerie, etc.
Des idées reçues et répétées sans distance critique : le communisme confondu avec le goulag, mais le christianisme étranger à l’Inquisition, la charité substituée à la solidarité, les coûts écologiques et sociaux de l’ultralibéralisme externalisés, l’impôt tenu pour confiscatoire, et les déshérités jugés responsables de leur situation. Bref, dans la bouche de ses apologètes, toute interrogation sur l’inhumanité d’un système si content de lui paraissait incongrue et passéiste. La condescendance se mêlait à la morgue, et le cynisme à l’enrichissement vertigineux. Un million d’euros mensuels pour certains PDG du CAC 40, et le smic plafonné à 1 400 euros.
Les soins, la culture, le logement, voire l’eau et l’énergie, devenaient inaccessibles aux exclus, et l’industrie du luxe se faisait florissante. Comme l’avait dit la Dame de fer : « No alternative. » M. Sarkozy agissait en disciple. Mais il fallait un dérivatif aux désespérés. D’où son mimétisme à l’égard de l’extrême droite. Exalter le « nous » contre le « eux », l’ami contre l’ennemi.
Combattre l’exploitation
Rapprocher immigration et menace sur l’identité dite nationale. Jeter l’opprobre sur les immigrés, les Roms, les banlieues. Dans tout cela, un grand absent : le peuple.
Un fait nouveau change la donne. Le Front de gauche fait appel de la victoire idéologique de la droite. Il promeut une nouvelle façon de faire de la politique. Sa campagne est l’occasion d’un immense partage du savoir, d’un pari sur la culture populaire. Chaque discours explique, défatalise, déverrouille l’horizon. Les mots de la domination sont contrés par ceux de l’émancipation. On combat à nouveau l’exploitation, « qui produit la richesse en créant la misère » (Hugo : Melancholia). L’espoir est là, il fait vibrer, aller vers l’autre, ouvrir les livres, explorer la Toile, agir de concert, (re)vivre les solidarités militantes. L’émancipation individuelle et collective reprend sens. Telle est l’autre victoire du Front de gauche, et elle est pleine de promesses.
Certes quelques mois de travail collectif enthousiaste, impliquant toutes les générations, redonnant le sourire et l’envie de politique à bien des déçus, ne peuvent suffire à déconstruire des décennies de fatalisme, d’hégémonie idéologique des nouveaux maîtres du monde. Il y faut du temps, mais le mouvement est lancé, bien plus profond, bien plus essentiel que de simples échéances électorales. Dans tout le pays, le Front de gauche suscite des recherches passionnées sur des sujets auparavant abandonnés aux prétendus experts.
Comme disait Condorcet, il s’agit de « rendre la raison populaire ». Ce pari de la culture permet au peuple de reprendre toute sa place, de se découvrir plus puissant qu’il n’imaginait du fait de la dissuasion distillée sans cesse par les chiens de garde de l’idéologie dominante. « Trop compliqué pour vous, laissez-nous faire. » Non, on ne vous laissera pas faire, on ne lâchera rien ! La Boétie nommait servitude volontaire la soumission consentie. La résistance commence par la réfutation raisonnée. Et elle se poursuit par les luttes sociales.
Bref, le goût de la politique est revenu. Avec à la clé l’émergence d’une gauche décomplexée, libérée de toute fatalisation, fière d’assumer un projet d’émancipation original. Promouvoir le cercle vertueux d’une nouvelle République laïque, d’une économie sociale, et d’une planification écologique. Onze pour cent des voix, c’est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup par rapport à l’anéantissement qui précédait : scores infimes, division, lassitude et tristesse.
C’est peu par rapport aux objectifs d’une reconquête ambitieuse. Déjà un programme jugé utopique, couvert de sarcasmes, s’est découvert des émules. Voyez comment les idées du Front de gauche font école… De nouvelles tranches d’impôt ? François Hollande, sur le tard, reprend à son compte l’idée défendue par Jean-Luc Mélenchon. L’écart maximal des revenus de 1 à 20 ? Idem. Une sanction contre les exilés fiscaux ? Idem. Bref, la bataille des idées a enfin commencé, avec des premiers succès. Et elle ne s’arrêtera pas. Même après l’indispensable défaite de M. Sarkozy.
Pour une solution alternative Initiative de lutte national le 24 février 2012
Mercredi 9 mai 2012309/05/Mai/201221:07
588 jours de lutte et enfin une lueur d’espoir Les salariés de Fralib en lutte se félicitent de l’élection à la Présidence de la République de François HOLLANDE, qui dès le mois de juin 2011, alors qu’il était candidat à la primaire citoyenne nous a apporté son soutien.
Nous l’avons rencontré par la suite à plusieurs reprises, il nous a rendu visite sur le site et il a pris des engagements clairs envers les salariés de Gémenos.
Nous ferons tout pour que son élection soit un tournant majeur pour la construction d’une reprise pérenne de notre activité Thé et Infusions sur le site de Gémenos.
Les soutiens d’UNILEVER au sein du gouvernement UMP vont dégager et toute la lumière devra être faite sur notre dossier ; notamment l’intervention scandaleuse de Xavier BERTRAND, Ministre du Travail qui a permis à UNILEVER de faire passer un PSE entaché d’irrégularités comme jamais il n’y en a eu peut-être dans notre pays. Un véritable scandale d’Etat !
Nous demandons la communication de la lettre d’observation qu’avaient établie les services de la Direction Départementale du Travail et de l'Emploi sur le PSE, relevant de nombreuses irrégularités et qui n’a jamais été transmise à la direction sur instruction du Ministre du Travail.
Nous demandons la tenue d’une table ronde nationale avec les nouveaux ministres concernés par notre dossier, les collectivités territoriales qui ont apporté leur soutien à la réalisation du projet alternatif à la fermeture du site, la direction du groupe Unilever et le collectif de salariés en lutte, accompagnés de l’ensemble des composantes concernées par notre projet alternatif qui permettra le maintien de notre activité industrielle et nos emplois. Pour nous la lutte continue, et nous appelons à un large rassemblement :
VENDREDI 11 MAI 2012 A PARTIR DE 8H00 DEVANT L'USINE 500 AVENUE PIC DE BERTAGNE ZI PLAINE DE JOUQUES
Il faut écouter et surtout « entendre » les paroles de ce sage ! Les « réalistes » et les « profiteurs » de tout genre ne sauront que rire et se moquer. Nous n’en pouvons rien s’ils sont handicapés du cœur et de l’esprit. Ce qui est en notre pouvoir, par contre, c’est « d’entendre » Pierre Rabhi et de suivre, dans la mesure de nos possibilités, les pistes qu’il indique ! (Jean Dornac)
Agnès Rousseaux, Ivan du Roy (7 mai 2012)
Et si, après une stressante campagne électorale, on respirait un peu ? Quelle société voulons-nous aujourd’hui construire ? « La croissance est un problème, pas une solution », affirme Pierre Rabhi, paysan-philosophe. Face à la disparition des questions écologiques dans le débat politique, et à la frénésie marchande qui nous a pris en otages, il invite à repenser la vie sur un mode à la fois « sobre et puissant ». Et à inventer, pour éviter des explosions sociales et un chaos généralisé, un autre modèle de civilisation. Entretien.
Basta ! : Vous défendez une société de la sobriété. Les crises actuelles et l’austérité qui menace vont-elles permettre de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons ?
Pierre Rabhi [1] : Je ne me réjouis pas de cette situation, mais je me dis finalement que l’être humain a besoin d’entrer dans des impasses pour mieux comprendre. Les impasses peuvent soit finir sur un chaos généralisé, soit permettre d’initier autre chose. Le chaos est tout à fait possible : une sorte de cocotte-minute d’incertitudes et d’inquiétudes est en train de miner les âmes et les consciences. Qu’une seule ville explose et toute la France explose. Le problème aujourd’hui n’est pas de se réjouir de cela, mais de voir ce qu’on peut tirer de cette évolution. Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. Tous les pays émergents veulent vivre à la moderne. Où va-t-on puiser les ressources ? C’est totalement irréaliste. Il y a aujourd’hui à repenser la vie sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant. Je crois beaucoup à la puissance de la sobriété. Je ne crois pas à la puissance des comptes en banque. La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie. Notre société déborde de tout, mais nous sommes un des pays les plus consommateurs d’anxiolytiques, pour réparer les dégâts que produit la « société de la matière » ! Nous sommes une espèce de planète psychiatrique. Combien de souffrances produisons-nous ?
Pendant la campagne électorale, l’écologie a quasiment disparu du débat politique. Qu’en pensez-vous ?
C’est parce que les citoyens ne sont pas véritablement conscients de l’enjeu de l’écologie que nous sommes obligés d’avoir une écologie politique pour lui donner une place au forceps. Dans la réalité, l’écologie concerne absolument tout le monde. Je suis évidemment reconnaissant envers ceux qui essayent de placer l’écologie dans le débat politique. Mais c’est une anomalie. Car l’écologie est une affaire de tous. C’est ce qui détermine l’existence de tout individu, du phénomène de la vie. Nous sommes donc tous concernés.
Selon vous, le progrès technologique nous asservirait ?
La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Plus d’électricité, de pétrole, de télécommunications et la civilisation s’écroule. Elle ne tient sur rien du tout. Le progrès ne libère pas. Plusieurs avancées ont apporté un certain bien-être. Mais ce bien-être n’est pas forcément partagé. Il faut que l’humanité se pose la question : le progrès, pour quoi faire ? Et avant : qu’est-ce que vivre ? S’il s’agit juste de consommer, je n’appelle pas ça la vie, cela n’a aucun intérêt. Nous sommes devenus des brigades de pousseurs de Caddie. Cela me terrifie. Nous sommes revenus au néolithique : nous sommes des cueilleurs, nous passons dans les rayons et nous cueillons. Tout cela n’est pas bon. On a évoqué la décroissance, qui est considérée comme une infamie dans le monde d’aujourd’hui : remettre en cause la croissance ! Au Moyen Âge, j’aurai été brûlé vif.
Peut-on se passer de l’industrie et du progrès technologique sur une planète qui comptera bientôt 9 milliards d’êtres humains ?
Le progrès technologique ne rétablit pas de l’équité dans le monde, au contraire. Une minorité en bénéficie. Ce ne sont pas les pays en voie de développement qui consomment le plus de voitures ou de frigos. C’est un leurre de dire que la planète ne pourra pas suffire, parce que nous serons plus nombreux. C’est une injustice totale : sur 7 milliards d’humains aujourd’hui, la moitié n’a pas accès à la nourriture pendant que les autres se bâfrent et gaspillent à outrance. Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5es des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas. Ce ne sont pas les pauvres qui épuisent les ressources. La démographie n’est pas en cause. Je sens cet argument s’insinuer de façon très vicieuse.
Pourquoi, après avoir été ouvrier, avez-vous choisi de devenir paysan ?
J’ai accompli mon retour à la terre, ici en Ardèche, en 1961, parce que je considère que notre système n’a pas d’intérêt. Je n’ai pas envie d’être né pour produire, pour consommer et mourir. C’est une destinée un peu limitée ! Je suis né pour vivre, je suis né pour admirer. Si on doit toute sa vie besogner pour que les poubelles débordent de déchets, cela n’a aucun sens. Il n’y a pas si longtemps, en mai 68, les jeunes défilaient dans les rues pour protester contre la société de consommation. C’était l’excès. Leur intuition était forte : nous ne sommes pas des consommateurs. Les gagneurs d’argent, la frénésie marchande nous ont pris en otages pour faire de nous des gens qui doivent absolument consommer pour faire monter le produit national brut. C’est complètement stupide. Les jeunes disaient : on ne tombe pas amoureux d’un produit national brut ! Ils lançaient des slogans très importants, qui étaient un appel à la vie. Nous ne vivons pas : nous sommes conditionnés, endoctrinés, manipulés, pour n’être que des serviteurs d’un système. Ils ressentaient ce besoin de sursaut de la vie. Depuis, je ne vois plus les jeunes défiler dans la rue pour dire qu’ils ont trop. Nous sommes au contraire entrés dans la phase du manque. Les certitudes d’une idéologie triomphante, c’est terminé ! Aujourd’hui, les jeunes ne savent pas quelle place ils auront et s’ils auront une place dans l’avenir. Ce système-là peut-il encore perdurer ? Non. Il ne faut donc pas s’illusionner et se raconter des histoires : notre système arrive à ses limites. Il faut maintenant que l’imagination se mette en route, pour en créer un autre.
D’où peut venir le changement ? D’abord de chaque individu ou de transformations portées collectivement ?
Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire, tout en exploitant votre prochain, ce n’est pas incompatible ! Le changement radical de la société passe par une vision différente de la vie. L’humain et la nature doivent être au cœur de nos préoccupations. Le rôle de l’éducation est souverain : et si on éduquait les enfants au contentement et non à l’avidité permanente ? Une avidité stimulée par la publicité, qui affirme qu’il nous manque toujours quelque chose. Cette civilisation du besoin chronique et permanent, sans cesse ressassé, installe dans les esprits la sensation de manque. Le phénomène de la vie, ce qui fait que nous existons, devrait avoir une place dans l’éducation des enfants. Or nous n’avons que des structures éducatives qui occultent complètement les fondements de la vie pour, le plus vite possible, fabriquer un petit consommateur et un petit producteur pour le futur. Cela en fait un petit ignorant qui s’occupera bien davantage de savoir comment il va avoir un bon boulot malgré la compétitivité. L’exigence fondamentale, c’est que tout le monde puisse manger, se vêtir, se soigner. Voilà ce qu’une civilisation digne de ce nom devrait pouvoir fournir à tout le monde. Aucun bonheur n’est possible sans la satisfaction des besoins vitaux. Notre civilisation a la prétention de nous libérer alors qu’elle est la civilisation la plus carcérale de l’histoire de l’humanité. De la maternelle à l’Université, nous sommes enfermés, ensuite tout le monde travaille dans des boîtes. Même pour s’amuser on va en boîte, assis dans sa caisse. Enfin, on a la boîte à vieux quand on n’en peut plus, qu’on est usé, avant de nous mettre dans une dernière boîte, la boîte définitive.
Comment convaincre ceux qui profitent le plus de la société de consommation et d’accumulation ?
Qui enrichit ces gens-là ? C’est nous. Ils s’enrichissent parce que des gens insatiables achètent de plus en plus, parce que toute une communauté humaine leur donne les pleins pouvoirs. Ils n’existent que parce que nous les faisons exister. Je ne roule pas en char à bœufs mais en voiture, je pollue malgré moi, j’ai le confort moderne. Ce qui fausse tout, c’est que cela devient prétexte à un enrichissement infini. Ce serait différent si les objets fabriqués par le génie du monde moderne avaient vocation à améliorer la condition humaine. Nous donnons très peu de place à ce qui est indispensable, à ce qui amène véritablement la joie. Et nous ne mettons aucune limite au superflu.
Cela signifie donc s’attaquer aux puissances de l’argent ?
L’argent est noble quand il permet l’échange. C’est plus facile d’avoir quelques billets dans sa poche que de transporter deux kilos de pommes de terre. L’argent n’est pas à récuser dès lors qu’il participe au mécanisme de régulation du bien-être entre tous. Mais quand il régule seulement la richesse, non. Toutes les choses vitales, les biens communs – eau, air, terre, semences – devraient être soustraites à la spéculation. Ceux qui ont de l’argent commettent un hold-up légalisé sur le bien de tous. Un vol illicite mais normalisé par la règle du jeu. L’argent rend l’humanité complètement folle et démente. Aujourd’hui, on achète le bien des générations futures. Je possède de la terre, mais je suis prêt à dire que ce n’est pas la mienne. Je l’ai soignée pour qu’elle soit transmise à mes enfants ou à d’autres gens.
Comment soustraire les biens communs à ceux qui spéculent ?
Admettons qu’on aille jusqu’à la logique extrême : un jour, un petit groupe d’humains hyper riches va posséder la planète. Aux enfants qui arriveront, on leur dira qu’ils sont locataires. Qu’ils doivent payer leur droit d’exister. C’est stupide. C’est navrant. C’est d’une laideur infinie. Parce que j’ai de l’argent, j’ai le droit sur tout… C’est là que le politique devrait réguler. Mais, pour l’instant, les responsables politiques sont là pour maintenir en vie cette inégalité criante. Ils font de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond. On peut le mettre sous perfusion tant qu’on voudra... on sait très bien qu’il est fini. Le drame serait que tout cela finisse dans le chaos, si on ne met pas en place une nouvelle orientation de la vie.
Il faut changer les règles du jeu démocratique, dites-vous… Pour aller vers quoi ?
On ne peut pas changer un monstre pareil du jour au lendemain. Ce que je regrette, c’est qu’on ne se mette pas sur la voie du changement. Ce modèle a été généré par l’Europe. La première victime de ce nouveau paradigme, cette nouvelle idéologie, c’est l’Europe elle-même. L’Europe était une mosaïque extraordinaire. Tout a été nivelé, standardisé. Et on a exporté ce modèle partout ailleurs, en mettant un coup de peinture «démocratie» là-dessus. Aujourd’hui ce modèle se délite, il n’a aucun moyen d’être réparé. Il faut aller vers autre chose. Ce que propose la société civile : elle est le laboratoire dans lequel est en train de s’élaborer le futur. Partout des gens essayent de faire autrement. Un État intelligent devrait encourager ça. Sinon, cela se fera sous la forme d’explosion sociale. Une grande frange des citoyens est secourue par les dispositifs de l’État. Cela ne durera pas. Le jour où la société ne pourra plus produire de richesses, où prendra-t-on ce qu’il faut pour soutenir ceux qui sont relégués ?
Nous sommes dans un système « pompier-pyromane » : il produit les dégâts et prétend en plus les corriger. On met des rustines au lieu de changer de système : ce n’est pas une posture politique intelligente.
Recueilli par Ivan du Roy et Agnès Rousseaux
Photo : Ivan du Roy
Notes
[1] Pierre Rabhi vit en Ardèche, où il a été paysan. Il a crée en 2007 le Mouvement pour la Terre et l’Humanisme appelé ensuite mouvement Colibris. Il est aussi l’inventeur du concept « Oasis en tous lieux » et a lancé en 2012 la campagne Tous Candidats
Source d’origine : http://www.bastamag.net/article2370.html
Source de la page : http://humeursdemarisse.blogspot.fr/2012/05/pierre-rabhi-si-nous-nous-accrochons.html
A trois jours de l’organisation d'élections importantes dans la région de Rhénanie du Nord Westphalie, le gouvernement d'Angela Merkel a durci le ton envers François Hollande et la Grèce. Rééditant son refus des mesures de relance par l'augmentation des déficits, la chancelière continue de défendre l'austérité budgétaire. Toutefois, la Bundesbank pourrait consentir à un léger accroissement de l'inflation en Allemagne, ce qui devrait procurer un surcroit de compétitivité à ses partenaires de la zone euro.
"Une croissance par des réformes structurelles est importante et nécessaire. Une croissance à crédit nous ramènerait au début de la crise. Nous ne le voulons pas, nous ne le feront pas", a déclaré Angela Merkel devant le Bundestag. Alors que le SPD souhaite profiter de l'élection de François Hollande et de la crise grecque pour se démarquer des chrétiens-démocrates en vue des élections partielles du dimanche 13 mai, prônant à son tour des mesures de croissance, Mme Merkel a rappelé à l'ordre ses opposants politiques, juge le Figaro.
Au sujet de la Grèce, Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, a tenu à indiquer que la zone euro survivrait à une sortie de la Grèce. "Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro. Mais elle doit aussi le vouloir et remplir ses devoirs. Nous ne pouvons forcer personne. Nous avons beaucoup appris ces deux dernières années et construit des mécanismes de protection. Les dangers de contamination pour les autres pays de la zone euro sont devenus plus faibles et la zone euro est dans son ensemble devenue plus résistante", a-t-il précisé [Les Echos].
Néanmoins, l'Allemagne semble lâcher du lest par rapport à sa traditionnelle politique économique orthodoxe. La Bundesbank et le gouvernement pourraient en effet tolérer une hausse de l'inflation, une augmentation des salaires, et donc une baisse de la compétitivité allemande. L'Allemagne a les moyens de le faire avec des exportations en hausse et des taux d'Etat historiquement bas, explique la Tribune, et cela offrirait des possibilités de relance pour ses partenaires de la zone euro. Berlin n'ignore pas que 40% des exportations allemandes s'effectuent à destination de pays européens.
Prévue le 15 mai prochain, après l'échéance électorale de Rhénanie, la première rencontre officielle entre Angela Merkel et François Hollande pourrait donc se passer sans heurt. Michel Sapin, chargé du projet présidentiel et pressenti au poste du futur ministre de l'Economie, abonde d'ailleurs dans le sens de la chancelière, écartant une possible relance par les déficits et plaidant simplement en faveur d'un équilibre entre austérité et croissance [AFP].
Aux électeurs de Nicolas Sarkozy.
Quand les journalistes questionnaient l'ex président, il répondait souvent de cette manière : trouvez vous normal que ceci ou que cela ?
Alors je lui emprunterai cette manière de procéder à votre égard.
Trouvez vous normal que nous ayons autant de chômeurs en France ?
Trouvez vous normal qu'il y ait de plus en plus de pauvres ?
Trouvez vous normal que des gens qui travaillent dorment dans leur voiture ?
Trouvez vous normal qu'on licencie par milliers pour enrichir les actionnaires ?
Trouvez vous normal qu'on dé-localise toute notre industrie ?
Trouvez vous normal qu'on fasse des cadeaux aux plus riches ?
Trouvez vous normal que les états aient perdu le pouvoir au profit des banques ?
Trouvez vous normal que les banques empruntent 1% à la BCE et prêtent aux états à 3,5% et plus
Trouvez vous normal que l'on soit soumis au commandement de l'OTAN ?
Trouvez vous normal que l'on oppose les Français entre eux ?
Trouvez vous normal que l'on déclare le FN comme étant compatible avec les valeurs de la république ?
Si vous avez répondu NON à la majorité des questions, vous vous êtes trompé de vote.
L'anaphore de Nicolas Sarkozy
Moi président de la république j'ai contribué à l'enrichissement de mes amis
Moi président de la république j'ai bénéficié de financements occultes
Moi président de la république j'ai refusé de réguler les marchés financiers
Moi président de la république j'ai dressé les Français les uns contre les autres
Moi président de la république j'ai augmenté le déficit de mon pays
Moi président de la république j'ai multiplié le nombre des chomeurs
Moi président de la république j'ai dilapidé le patrimoine industriel de la France
Moi président de la république j'ai permis la délocalisation des usines
Moi président de larépublique j'ai soumis mon pays à l'autorité Américaine
Moi président de la république j'ai trahis mes amis sans aucun état d'âme
Moi président de la république j'ai renié mes promesses au peuple Français
Moi président de la république j'ai fabriqué plus de pauvres dans mon pays
Moi président de la république j'ai menti, j'ai trahi, j'ai déçu mes électeurs
Moi président de la république je me suis vautré dans la fange du front national
Moi président de la république je n'ai pas oeuvré pour le bien de mon pays
Publié le: 09 mai 2012 · 15:17 · par pas perdus
Depuis dimanche, il est un résultat électoral qui reçoit peu d'écho dans les médias dominants, bien trop occupés à pipoliser la personne et l'entourage du nouvel élu. Les élections législatives grecques ont été mal et peu traitées par nos médias dominants alors que leur importance est aussi grande que la présidentielle française.
Pour comprendre les résultats grecs, il faut revenir sur la politique d'austérité infligée au peuple grec par la troïka néolibérale (l'Union européenne, la Banque centrale européenne, et le Fonds monétaire international):
- après une écrasante victoire sur un programme de gauche, les socialistes grecs se soumettent aux diktats de la troïka en appliquant une politique austéritaire qui se durcit au fil des mois. L'objectif est de mettre un terme à la gabégie financière et de réduire la dette publique pour entrer dans les critères du traité de Lisbonne. La situation politique devenant très instable (une quinzaine de grèves générales réprimées durement, voire mortellement), le président du PASOK et de l'Internationale socialiste forme un gouvernement d'union nationale avec la droite et l'extrême droite : sous les applaudissement de la démocratique UE, de la droite et du parti socialiste européen !!!
- depuis les 2009, les 9 plans d'austérité ne réduisent pas l'endettement public mais l'aggravent. Ils provoquent la récession économique (-14 % du PIB depuis 2008). Les marchés profitent de la situation en imposant des vagues de privatisations qui privent le peuple grec de ses richesses ! La Grèce subit une sorte de mise sous tutelle, voire d'occupation qui ne dit pas son nom, pour l'exclusif profit des marchés.
- la régression sociale : 20 % de la population active dont 50 % chez les moins de 26 ans au chômage, salaires et pensions de retraite divisés par deux, suppression du droit du travail au niveau national, médicaments et soins quasiment plus remboursés, augmentation du coût de la vie (hausse de les prix des hydrocarbure), réapparition de certaines maladies...
Le système social est dans un état de délabrement avancé et la misère sociale si répandue que ce sont les ONG qui permettent à la population de s'alimenter à peu près normalement et de recevoir des soins !
Pour plus de détails, il faut écouter Grèce : le mal de dette, un reportage passionnant et édifiant d'Interception, une émission de France Inter..
Aussi, il n'est pas étonnant que les élections législatives marquent le ras-le-bol de la société grecque. Mais de ces élections, les médias dominants français n'en ont d'abord retenu que deux éléments :
- la défaite des partis dits traditionnels (Nouvelle démocratie et PASOK) qui ont recueilli à eux deux à peine plus de 30 % des voix contre 80% auparavant;
- l'élection d'une poignée de députés néo-nazis .
Circulez, il n'y a rien à voir !
A l'instar de leurs analyses du 1er tour de la présidentielle française, les médias dominants ont préféré mettre en exergue l'extrême droite pour minimiser ou censurer la progression spectaculaire des forces de gauche hostiles à la politique austéritaire de la troïka (FMI-UE-BCE) et à l'idéologie dominante.
Ils ont ainsi réussi à faire apparaitre un succès en un échec, alors qu'avec plus de 11 % des voix et plus de 4 millions d'électeurs, le Front de gauche devient la 2ème force de gauche et contribue pour les 3/4 à la progression de la gauche.
De même, il a fallu que le leader de Syriza soit officiellement investi par le président Grec pour qu'ils s'intéressent enfin à ce Front de gauche grec !
C'est tout de même consternant, et politiquement instructif que les médias dominants éprouvent autant de difficultés à informer les citoyen-ne-s que la coalition de la gauche de la gauche, Syriza - hostile à l'idéologie dominante - est devenue la 2ème force politique grecque, en triplant son score, ratant de peu le bonus de 50 députés supplémentaires accordé au vainqueur.
Pourquoi cette information tronquée, maltraitée, voire censurée ?
Pourquoi la nationalisation d'une compagnie pétrolière en Argentine est passée sous silence ? Pourquoi l'Islande n'est pas l'objet de plus d'articles et de reportages? Pourquoi ce silence sur tous les pays qui ont rompu avec l'orthodie néolibérale ?
Mais revenons à la Grèce...
D'après le tableau de Paul Jorion, ci-dessus, il est peu probable que Syriza, à moins d'alliances inattendues ou de scissions au PASOK ou au KKE, forme un gouvernement stable qui s'appuie sur une majorité au parlement. Le peuple grec devrait retourner aux urnes...
Au vu des réactions suscitées par la perspective d'un gouvernement de Syriza, Il est fort probable que les prochaines élections législatives seront troublées par une campagne médiatique de manipulation et de chantage orchestrée par l'oligarchie locale et la troïka, pour dissuader le peuple de voter majoritairement pour les candidats du Front de gauche grec...