Jeudi 22 mars, les principales villes du Portugal, à commencer par Lisbonne, ont connu d'importantes grèves, emmenée par la CGTP – premier syndicat du pays. Au cœur de la gronde sociale : l'austérité réclamée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), le taux de chômage et la récente réforme du travail faisant un pas vers la dérégulation.

Transports, écoles et hôpitaux ont tourné au ralenti jeudi, perturbant l'activité portugaise. Selon Arménio Carlos, secrétaire général de la CGTP, la mobilisation a été très satisfaisante, réunissant environ 600 000 personnes. Ce chiffre est toutefois inférieur à celui du 24 novembre 2011, date des précédentes manifestations contre l'austérité. Outre un sentiment d'impuissance face aux mesures budgétaires prises par le gouvernement en cette période de crise, les syndicats se sont divisés au sujet de la réforme du travail. Si la CGTP l'a rejetée en bloc, le second syndicat portugais – l'UGT – l'a acceptée, explique l'AFP.

Alors que le taux de chômage a atteint le chiffre inquiétant de 14%, le gouvernement reconnait la nécessité d'imposer de durs sacrifices à la population. La réforme comprend l'assouplissement du marché du travail en matière d'horaires et de licenciements ainsi que la suppression de jours fériés et de jours de congés. La CGTP a qualifié cette mesure de "retour au féodalisme", rapporte l'AFP. A cela s'ajoutent des coupes dans les salaires, les retraites ou les aides sociales ainsi que des hausses d'impôts.

Le fait est que le Portugal est l'un des trois pays européens sous assistance financière, avec la Grèce et l'Irlande. Lisbonne a en effet reçu la somme de 78 milliards d'euros en provenance de la Banque centrale européenne, de l'Union européenne et du FMI en échange de mesures de rigueur. Le pays a par exemple renoncé à la construction d'une ligne TGV entre Lisbonne et Madrid, au nom de la réduction de l'endettement public [AFP]. D'autre part, le gouvernement de Pedro Passos Coelho a déclaré miser sur le commerce extérieur pour doper la croissance. Biens intermédiaires, automobile, textile, le Portugal vise les marchés européens et des pays émergents, précise le Figaro.