Le candidat du Front de gauche à Hénin-Beaumont tenait vendredi soir son premier meeting dans la circonscription.

La même petite musique pour rythmer le meeting, la même équipe technique, le même fond rouge sur l'estrade avec, dessus, le même slogan inscrit en lettres blanches: «Place au peuple». Pour son premier meeting de candidat aux législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, vendredi soir à Méricourt, Jean-Luc Mélenchon a repris le matériel de sa campagne présidentielle. Sur la scène, qui aurait été louée à une radio locale de la ville voisine de Billy-Montigny, au pied d'un terril, il s'exclame: «Dans le pays tout entier, on regarde ce que nous sommes en train de faire!» Tout de suite dans le vif du sujet, son affrontement avec le FN et sa présidente Marine Le Pen, candidate dans cette même circonscription. Mélenchon, a qui le secrétaire fédéral communiste du Pas-de-Calais, Hervé Poly, a cédé la place, veut «les défier là même où ils ont cru qu'ils nous feraient reculer».

Devant quelques centaines de partisans de la gauche radicale, tous poings levés lors de L'Internationale, Mélenchon a balayé la critique du parachutage, ironisant sur d'autres «parachutés» dans la famille Le Pen et au FN… «Je suis d'ici, du Pas-de-Calais et du bassin minier», a-t-il tonné, assurant avoir intégré en son for intérieur et depuis sa jeunesse les grandes heures du mouvement ouvrier né dans les mines. Quelques heures plus tôt, à la mairie de Rouvroy, à l'autre bout de la circonscription, devant une petite vingtaine de personnes dont les figures locales du parti, le maire PCF Jean-Haja a symboliquement offert à Jean-Luc Mélenchon une lampe de mineur. «Dans les mines, a-t-il rappelé, celui qui portait la lampe était chargé de sécuriser toute la galerie.» «Celui qui porte la lumière est un éclaireur», lui a répondu le candidat, qui, dans la soirée, a dit vouloir mettre son «autorité» et son «prestige» au service de la lutte «contre les idées» du FN.

«Nous ne négocions rien»

Mais alors que les négociations ont échoué entre le Front de gauche et le PS pour s'accorder sur des candidatures communes dans les circonscriptions gagnables par le FN, Jean-Luc Mélenchon n'a pas manqué de tacler le PS, responsable à ses yeux de l'échec, et de vanter à nouveau «l'autonomie conquérante» du Front de gauche… «Nous ne négocions rien, nous ne demandons rien, nous faisons ce qui nous semble juste», a-t-il lancé. Ajoutant, revêtu de l'armure du chevalier blanc: «Le moment venu, il y aura une force qui n'aura mis les mains dans aucune combine, c'est nous.»

Des propos choisis alors que l'ex-candidat à la présidentielle est aussi venu ferrailler contre «une certaine gauche» socialiste, divisée et accusée de corruption, responsable selon lui, par la diffusion du «tous pourris», de la montée du FN. Dans sa ligne de mire, l'ancien maire PS d'Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, démis de ses fonctions par l'État en 2009. À Rouvroy, le candidat a pointé «la bataille de chiens» dans la 12e circonscription voisine, où le député PS sortant, Jean-Pierre Kucheida, sous le coup d'une enquête pour «abus de biens sociaux», se présente sans le soutien de son parti. Le candidat d'Europe Écologie-Les Verts, Hervé Rubin, à qui le PS national a proposé d'être suppléant du candidat officiel, Nicolas Bays, a décliné l'offre.

Vendredi, sur le marché d'Hénin-Beaumont, le candidat PS de la 11e circonscription, Philippe Kemel, maire de Carvin et conseiller régional, a ironisé sur «la caravane Mélenchon» qui passe et «repartira». Samedi prochain, les cinq principaux candidats se retrouvent pour débattre sur France 3.