30 mai 2012

 

Etat des forces en présence pour les législatives : le Front National.

En réussissant 18 % à la présidentielle, Mme Le Pen a réussi à devenir pour les médias et pour la droite le centre de la vie politique. C'est ainsi que le choix fait le 22 avril par 6 400 000 Français est en train d'être imposé aux 82 % restants. Pourtant, si on y regarde de plus prés, on s'aperçoit que certes les 18 % sont bien réels et c'est un chiffre qui fait peur, mais pour ce qui est de la montée en puissance supposée du FN, il s'agit en grande partie d'une construction médiatique.

En réalisant un score dans la moyenne de l'extrême-droite depuis 20 ans (toutes tendances confondues), le FN montre qu'électoralement il pése, mais il montre surtout qu'il ne peut dépasser cette limite des 20 %. Ce faisant, ce parti qui ne peut gouverner, puisque pour l'instant toute stratégie d'alliance est exclue, ne sert à rien. Il n'existe donc que médiatiquement et est utilisé alternativement par la droite et par la gauche pour conquérir le pouvoir, et empêcher d'autres forces réellement alternatives à la société capitaliste et de gauche, de prendre de l'importance. Autrement dit, parce qu'il sert les partis du système, le FN est un parti du système.

La stratégie du FN pour les législatives ne peut se comprendre qu'au travers du fait qu'il n'est pas et ne veut pas être un parti de gouvernement. Dès lors, le choix du FN est de nuire le plus possible à la droite et de faire en sorte que les idées et les valeurs portées par l'extrême-droite se retrouvent un jour au pouvoir. Le moins que l'on puisse dire, c'est que sur les 5 années que nous venons de vivre, cette stratègie a bien fonctionné.

Il est faux de dire que le mode de vote empêche le FN d'avoir des élus. D'une part, il leur est déjà arrivé d'en avoir : qu'en ont-ils fait ? D'autre part, dans les années 70, le PCF réussissait des scores équivalent à ceux du FN aujourd'hui et avait des élus. Sauf que le parti communiste était suffisamment démocratique pour nouer des alliances avec d'autres partis, ce que n'est pas le FN.

Faute d'élus, faute de pouvoir un jour gagner le pouvoir démocratiquement, le FN joue sur le pourrissement de la démocratie française. En cela, et parce qu'il exerce une réelle capacité de nuisance sur la droite, il est un vrai danger pour la démocratie, ce que devraient confirmer les législatives.