Par Marine Rabreau Mis à jour le 09/07/2012 à 17:58 | publié le 09/07/2012 à 13:23Réactions (9)

La banque Barclays est pour l'instant la seule banque qui a avoué avoir «tenté de manipuler» le Libor, ce taux interbancaire clé dans la finance mondiale.Crédits photo : SHAUN CURRY/AFP
La banque Barclays est pour l'instant la seule banque qui a avoué avoir «tenté de manipuler» le Libor, ce taux interbancaire clé dans la finance mondiale.Crédits photo : SHAUN CURRY/AFP Barclays décapitée, Citi et JP Morgan sous le coup d'enquêtes, des têtes qui tombent à la Deutsche Bank... les banques soupçonnées d'avoir triché sur ce taux clé dans la finance mondiale sont sous les projecteurs.

L'affaire du Libor qui ébranle la planète finance grossit. Pour l'instant, Barclays est la seule à avoir admis avoir «tenté de manipuler» les taux interbancaires Libor et participé à ce «crime du siècle». Mais la banque britannique ne peut pas avoir agi seule, compte tenu de la manière dont sont calculés ces taux interbancaires, sur la base desquels plusieurs centaines de milliers de milliards d'euros de prêts à court terme sont accordés.

Les enquêtes sur d'autres grandes banques internationales se poursuivent. Depuis plusieurs mois, les régulateurs et enquêteurs se penchent sur les mastodontes américains Citigroup et JP Morgan Chase, à qui des demandes d'informations ont été formulées, et qui disent coopérer sans commenter davantage. Même son de cloche chez Deutsche Bank. En Allemagne, l'autorité de régulation des marchés, la BaFin, a confirmé qu'elle examinait des présomptions de manipulation du Libor par des banques allemandes, sans citer explicitement la Deutsche Bank. Deutsche Bank qui aurait, selon le magazine Der Spiegel, suspendu deux cadres après une enquête réalisée par un cabinet d'audit externe à la banque.

Chez Royal Bank of Scotland (RBS), on résiste depuis plus d'un an pour ne pas communiquer des documents qui pourraient contenir des preuves de son implication dans la manipulation de ces taux clés de la finance mondiale, dit savoir The Telegraph. La fraude semble d'autant plus immorale que cette banque a été soutenue par l'État britannique au plus fort de la crise pour lui éviter la faillite.

La Société Générale

Le Libor est fixé tous les matins. Il représente la moyenne des taux annoncés par un panel de banques. Par exemple, le Libor en livre sterling est le résultat des estimations livrées par 16 banques. Celui en euro est constitué de 15 estimations. Grosso modo, concernant les devises les plus importantes (dollar américain, livre sterling, euro, franc suisse et yen), les banques systématiquement représentées sont: Barclays, HSBC et Royal Bank of Scotland côté britannique, UBS pour la Suisse, Deutsche Bank en Allemange, et Société Générale côté français.

La banque française, dans son dernier rapport annuel, précise comme ses homologues avoir «reçu des demandes d'information» concernant ces éventuelles manipulations de certains taux Libor et Euribor (équivalent du Libor pour les prêts interbancaire en euro). «Société Générale coopère pleinement avec (les) autorités», peut-on lire à la 40e page. Le commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier a déclaré ce matin n'avoir pas connaissance de l'éventuelle implication d'une banque française dans le scandale du Libor.

Pour autant, dans les colonnes du Financial Times , il estime que de telles manipulations sont une «trahison» aux conséquences potentiellement systémiques. Michel Barnier se prépare à durcir la révision en cours de la directive sur les abus de marchés afin d'éviter tout vide juridique et d'étendre les sanctions pénales à ce genre de manipulations.

LIRE AUSSI:

» Libor: le scandale qui fait trembler la planète finance

» Scandale à la City: comprendre le taux Libor

» Bob Diamond quitte Barclays sur fond de scandale