La manière dont l'Espagne va gérer sa crise des banques ne semble a priori pas stupide, même si quelques épargnants imprudents, qui devaient croire que le Père Noël était Andalou, y laisseront des plumes....

C'est maintenant confirmé, les épargnants et clients de Bankia et d'un certain nombre de banques espagnoles seront les premiers à faire les frais du plantage des organismes financiers. Ils doivent d'abord perdre ce qu'ils ont avant que quelque aide européenne n'intervienne.

« European authorities are pressing Spain to inflict billions of euros of losses on small investors by wiping out certain types of bank debt before its financial institutions are recapitalised using eurozone rescue funds. The bailout conditions for Spain’s banks would force any lender taking aid fully to write off their preferred shares and subordinated bonds, according to a draft memorandum of understanding seen by the Financial Times ». "to write off" = effacer. L'article en entier : FT

Le gouverneur de la Banque Centrale vient d'annoncer la mise en place d'une structure de défaisance qui rassemblera l'ensemble des actifs immobiliers toxiques de ses banques en difficulté en attendant de pouvoir éventuellement les vendre. Abandonnant la langue de bois, il a surpris son monde en estimant que les banque s qui ne pourraient pas survivre d'elles mêmes devront être liquidées. Pourtant, le ministre de l'Economie Luis de Guindos a encore répétée hier, 17 juillet, que le gouvernement n'a "absolument" aucune intention de fermer des banques. Quatre des banques qui vont bénéficier du plan de sauvetage européen - Bankia, CatalunyaCaixa, NovaGalicia et Banco de Valencia - risquent donc d'être démantelées si la Commission européenne juge le coût de leur recapitalisation plus élevé que celui de leur liquidation pure et simple.

Au delà de ces quatre établissements, d'autres banques pourraient rapidement être concernées par un tel scénario, en effet, "Si un établissement n'est pas assez solide pour assurer son avenir, il devra être démantelé en bon ordre ou liquidé", a jugé Luis Maria Linde. Sage décision. La volonté de ne pas s'entêter à sauver des banques qui ont pris la fâcheuse habitude de faire payer leurs turpitudes par les fonds publics est des plus saines. Bravo ! Les épargnants qui vont y perdre ? Tant pis pour eux, cela fait suffisamment longtemps que l'on répète sur tous les tons que les banques européennes ne valent rien et qu'il ne faut surtout pas avoir d'actifs chez elles...

Mais, allez vous me dire, ce ne sera pas le cas en France, quand la contagion va gagner les banques françaises... Notre Président, pendant sa campagne électorale, avait dit qu'en cas de danger il nationaliserait les banques ! Vous ne le connaissez pas encore votre nouveau Président ? L'art de faire comme si il tenait ses promesses tant en faisant en sorte que ce ne soit pas ce que tout le monde avait compris... Figurez vous que le ministre de l'Économie, Pierre Moscovici, a réuni hier le Conseil de régulation financière, qui comprend notamment la gouverneur de la Banque de France, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et le vice président de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), afin de débattre des modalités de la réforme bancaire qui doit mettre en oeuvre la séparation des activités des banques utiles à l'investissement et à l'emploi de leurs opérations spéculatives. Cette réforme interviendra après évaluation des conclusions de la commission qui examine actuellement la pertinence d'une séparation des banques au niveau européen, lesquelles sont attendues pour fin septembre. S'il semble assez évident que la séparation de ces deux activités est plutôt "sain", il semble aussi que le gouvernement, en cas de krach, n'a pas l'intention de sauver les banques dans leur périmètre actuel. Ce qu'après tout, on ne peut que trouver normal. La seule chose que je crains dans ce dossier, c'est que la démarche "commission Bidule" ne soit un petit peu longue au regard des nuages qui s'accumulent. Une bonne vieille décision par loi applicable immédiatement, comme on sait faire pour créer des nouveaux impôts à la charge des particuliers ou des entreprises, serait à mon sens plus réaliste. J'oserais même quelque impertinence en disant que le bons sens eut été d'opérer cette séparation des activités bancaires avec l'empressement que notre gouvernement a su trouver pour démolir tout ce que Sarkosy avait fait précédemment et qui pouvait peut être attendre la fin de l'année....

Bref, suivez bien ce qui se passe en Espagne, séparation des banques, abandons des actifs détenus par les épargnants, liquidation de certaines banques, soutien partiel d'autres, création de structure de défaisance, et vous aurez une idée assez précise de ce qui nous attend dans quelques mois.... Au fait, j'espère que vous avez bien liquidé vos actifs bancaires comme nous ne cessons de vous le répéter depuis plusieurs mois, n'est ce pas ?

Article paru sur MaVieMonArgent