Créé le 26-07-2012 Par

Quatrième volet de la série sur les combines de la délinquance financière : comment monter une énorme machine spéculative.

La banque JP Morgan a perdu entre 4,3 et 5 millions d'euros dans l'énorme machine spéculative montée par Bruno Iksil, employé de la banque. (Thimothy A. Clary-AFP)

La banque JP Morgan a perdu entre 4,3 et 5 millions d'euros dans l'énorme machine spéculative montée par Bruno Iksil, employé de la banque. (Thimothy A. Clary-AFP)
 
On l’appelait "la baleine de Londres", avant qu’il ne se fasse dévorer tout cru par les requins de la Tamise… Officiellement, le trader français Bruno Iksil, un quadra sans histoire, avait une fonction plutôt ennuyeuse au sein de la banque JP Morgan : gérer le bilan et couvrir les risques.

En réalité, il avait monté une énorme machine spéculative. Le tout sous le regard consentant de sa hiérarchie. Convaincu que la croissance américaine allait redécoller, le trader vendait des "CDS" – des sortes d’assurances-crédits – par dizaines de milliards d’euros… Si massivement que les autres traders ont vu venir l’erreur et ont accéléré sa chute. Au final JP Morgan perdra dans l’affaire entre 4,3 et 5 milliards d’euros. Comment un seul individu a-t-il pu entraîner une banque réputée pour le sérieux de sa gestion, dans une telle folie ?

Plus on exige des banques qu’elles aient beaucoup de fonds propres, plus elles essaient de contourner cette contrainte avec des stratégies de couverture de risque utilisant des produits sophistiqués", explique un banquier.

Dans quel but ? Pour les dirigeants : éviter que les actionnaires ne se détournent d’un secteur peu rentable. Pour les traders : encaisser un bonus record. Double échec pour Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, et pour Bruno Iksil, "la baleine", licencié sans passer par la case bonus.

Marjory Cessac, Sophie Fay et Jean-Gabriel Fredet - Le Nouvel Observateur